AUTEUR : AFP

L’idée d’exécuter les violeurs d’enfants, même s’ils n’ont tué personne, progresse aux Etats-Unis: la cour suprême de Lousiane (sud) a validé mardi la condamnation à mort d’un pédophile, et le gouverneur du Texas (sud) doit promulguer bientôt une loi en ce sens.

29 Mai

Localisation par GPS

Si la Louisiane a été la première en 1995 à adopter une législation autorisant la peine de mort pour les violeurs d’enfants, le mouvement a vraiment été lancé 10 ans plus tard, après le calvaire d’une fillette violée et enterrée vivante par un homme déjà condamné pour agression sexuelle. Des projets de « Loi Jessica » ont été déposés un peu partout dans le pays, pour imposer, dans la plupart des cas, une peine minimale de 25 ans de réclusion en cas de viol d’un enfant de moins de 12 ans, puis le port à vie d’un appareil de localisation par GPS.

Ecrasante majorité

Mais dans certains Etats, des élus ont ajouté à leur « Loi Jessica » la possibilité de condamner un pédophile à mort: outre la Louisiane, l’Oklahoma (sud), la Caroline du Sud (sud-est), la Georgie (sud-est) et le Montana (nord-ouest) ont désormais adopté une telle disposition. A une écrasante majorité, les élus du Texas ont choisi d’ajouter leur Etat, responsable de plus d’un tiers des exécutions dans le pays depuis 30 ans et des deux-tiers cette année. La loi se trouve désormais sur le bureau du gouverneur Rick Perry, qui a promis de la signer.

Contre-courant

L’idée semble pourtant aller à contre-courant du reste du pays, où la peine de mort perd du terrain sous l’effet conjugué de retentissantes erreurs judiciaires et d’exécutions ratées. De plus, elle ne fait pas l’unanimité, même au sein des organisations de défense des victimes. « Nous redoutons que cela réduise encore le nombre de signalements d’agressions sexuelles », explique Karen Rugaard, porte-parole de l’Association texane contre les violences sexuelles, qui estime que seulement un viol sur cinq fait l’objet d’une plainte au Texas.

Conformité

« La plupart des enfants agressés sont victimes de quelqu’un de leur entourage. C’est déjà difficile de dénoncer un père, un oncle, un ami… Cela sera pire si l’enfant sait que son agresseur peut être envoyé très longtemps en prison ou condamné à mort », ajoute-t-elle, regrettant que la loi ne prévoit pas de mesures de prévention. Surtout, il n’est pas certain que l’exécution d’un condamné qui n’a tué personne soit conforme à la Constitution américaine, qui interdit les châtiments « cruels et inhabituels ».

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