AUTEUR : CLICANOO.COM
L’exemple de Jean-Noël Corré, mis en examen et écroué mercredi pour le viol de cinq fillettes à la Plaine-des-Cafres, pose une fois encore le problème de la récidive en matière de délinquance sexuelle.
Publié le 23 novembre 2007
Car ce dangereux pédophile a déjà fait de la prison pour le viol d’une fillette de 8 ans et l’agression d’une petite fille de 3 ans.
Jean-Noël Corré, 54 ans, est un pédophile de la pire espèce. Il n’est pas seulement en proie à un flot de pulsions incontrôlables. C’est surtout un dangereux prédateur qui organise son quotidien pour attirer à lui un maximum de petites victimes dans l’espoir d’assouvir ses plus bas instincts. En juillet 2006, Jean-Noël Corré erre à La Plaine-des-Cafres dans l’espoir de trouver un toit pour l’accueillir. Ce petit homme au visage marqué par les difficultés de la vie finit par trouver une âme charitable au détour d’un chemin. Un Cafriplainois le prend en amitié et un peu aussi en pitié. Il lui permet de s’installer dans la petite case en tôle bordeaux où son défunt père a péri brûlé. Ce logement de fortune sans confort se dresse au fond d’un terrain où reposent deux carcasses de voiture et des appareils ménagers hors d’usage. Jean-Noël Corré lui est reconnaissant même si l’endroit n’est pas des plus joyeux. Au fil des conversations, le nouvel arrivant confie qu’il a fait de la prison. Mais il se garde évidemment de dire pourquoi (voir par ailleurs). Son bienfaiteur ne cherche pas à en savoir davantage par pudeur sans doute. Et puis, il lui fait confiance. Il faut dire que Jean-Noël Corré se montre poli, gentil, accueillant et serviable. Cette image d’un homme « simple, tranquille et un peu paumé » est celle que décrivaient les journalistes lors de son dernier procès pour agression sexuelle devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis en mars 2002. Mais ça évidemment, personne ne peut l’imaginer dans le paisible quartier de la Plaine-des-Cafres où Jean-Noël Corré tisse sa toile au fil des semaines. Comme il ne travaille pas, le quinquagénaire va et vient le long de la longue route qui monte et descend à l’entrée de son terrain. Sur sa route, il passe devant un tas de petites cases plus ou moins modestes. Et il profite de son temps libre pour parler avec les parents dont certains compatissent avec le sort apparemment peu enviable de cet homme esseulé. Au passage, Jean-Noël Corré se montre d’une extrême gentillesse avec les enfants. Il joue avec eux, les amuse d’un rien. Les parents sentent en lui la complicité bienveillante d’un papy gâteau. Avec son profil lisse et son apparence inoffensive, il les met en confiance.
BONBONS, DESSINS ANIMÉS ET BALANÇOIRE
Bientôt, on le voit sur le bas-côté de la route en compagnie « d’un paquet de petits enfants » dont certains ont moins de 6 ans. « Ils parlaient et ils jouaient avec eux. On ne savait pas forcément d’où ils venaient, sans doute de maisons plus haut ou plus bas », témoigne une voisine. En fait, Jean-Noël Corré sait parfaitement ce qu’il veut. Une fois chez lui, il prépare à manger aux enfants. Il les gâte aussi en achetant des paquets de bonbons. Il a peu de moyens et vit dans un grand dénuement, mais il s’abonne à un bouquet de chaînes par satellite. Car il sait les enfants friands de dessins animés. Il va même jusqu’à bricoler une balançoire de fortune pour faire plaisir aux marmailles. Enfin, il a un petit chien doux et craintif qui l’accompagne en promenade avec eux. Le tableau serait idyllique si Jean-Noël Corré n’usait pas de toutes les ficelles à sa disposition pour abuser des enfants. De fil en aiguille, il attire plusieurs fillettes et garçonnets au plus près de lui dans sa bicoque où règne une atmosphère étouffante liée à l’exiguïté des lieux et à l’odeur irrespirable qui flotte dans l’air. C’est là qu’il laisse libre recours à ses effrayantes pulsions. Pour l’heure, les parents de cinq enfants, âgés de 6 à 10 ans, ont déposé plainte pour viol. Le calvaire des enfants a pris fin pendant l’hiver austral quand une victime a brisé le silence. A cette époque, Jean-Noël Corré parvient à échapper aux gendarmes. Comprenant qu’il allait être arrêté, il trouve refuge dans le Sud sauvage où une parente l’héberge. En début de semaine, les militaires retrouvent sa trace. « Il était flatteur, gentil et il paraissait un peu malheureux. Alors on avait un peu pitié de lui. On ne savait pas qu’il avait fait de la prison pour des choses comme ça », commente une voisine. Hier, au lendemain de la mise en examen pour viols et de l’incarcération de Jean-Noël Corré, il régnait un profond sentiment de dégoût et de tristesse. Surtout, on regrettait de ne pas avoir perçu à temps son vrai visage.
Eric Lainé
- Des pulsions incontrôlables C’était le 19 mars 2002. Noël Corré comparaissait encore une fois (voir par ailleurs) devant le tribunal correctionnel. Pour une sombre affaire de pédophilie où l’homme reconnaissait avoir eu des attouchements sur une fillette de 3 ans. Pendant l’audience, juge, avocat de la partie civile et substitut du procureur s’attardent sur le profil psychologique inquiétant du prévenu. Un homme habité en permanence de pulsions pédophiles qu’il est incapable de contrôler durablement. Ce jour-là, Noël Corré est condamné à 3 ans de prison dont deux avec sursis avec obligation de soins.
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