AUTEUR : HTTP://WWW.INFO.LNC.NC/CALEDONIE (CORALIE COCHIN )

La Police aux frontières a mis la main, mardi, sur un pédophile activement recherché par les autorités australiennes.

Cet ingénieur de 43 ans, originaire de Brisbane, a été arrêté avec sa compagne sur un paquebot qui faisait escale à Lifou. Il a été expulsé vers Sydney le soir même.

Il pensait s’offrir une petite croisière paisible dans le Pacifique. Il s’est fait cueillir par surprise, avant même d’avoir posé les pieds à Lifou. Depuis plusieurs mois, le nom de cet ingénieur en mécanique australien, âgé de 43 ans et originaire de Brisbane, était inscrit sur la liste noire de la Police aux frontières (PAF). Avec une mention spéciale : pédophile dangereux. « Ce sont les services de la police fédérale australienne qui nous ont avisés de sa présence dans la zone », commente le commissaire Banner, le directeur de la PAF.

Pendant plusieurs mois, donc, son patronyme est resté dans l’ombre. Jusqu’à ce qu’il apparaisse discrètement un jour, coincé entre les centaines de noms de passagers inscrits sur la liste des passagers du Pacific Star.

Onze condamnations

« On a procédé à quelques vérifications. Mais tout concordait. Il s’agissait bien de l’homme que les autorités australiennes recherchaient », poursuit le patron de la PAF. Coup de fil en Australie. Puis au commandant de bord du paquebot, avant que le bateau n’arrive à Lifou. « Compte tenu du nombre d’enfants à bord (NLDR : près d’une cinquantaine), nous n’avons pas voulu prendre de risque. Nous avons agi au plus vite. Il fallait aussi intervenir avant que l’homme ne descende à terre. Car il y a toujours énormément d’enfants qui viennent assister à l’arrivée des bateaux de croisière. »

Expulsés en moins de 24 heures

L’homme est réputé, de surcroît, pour se livrer à des actes de pédophilie en pleine nature. Son casier judiciaire fait état de onze condamnations pour des faits à caractère sexuel, dont attouchements, incitation à la débauche de mineurs et viol. En fouillant son domicile, la police australienne a découvert des photos de ses « ébats » sur son ordinateur. Les premiers faits remontent à une quinzaine d’années. Ses cibles : des jeunes filles, âgées de 8 à 12 ans.

La PAF a donc ordonné que l’homme soit consigné à bord et placé sous haute surveillance, le temps que deux agents se rendent à Lifou pour procéder à son arrestation. Celle-ci s’est faite dans le plus grand calme. L’homme n’a pas protesté. Sa compagne a également été arrêtée. « En moins de vingt-quatre heures, l’affaire était réglée », se réjouit le commissaire. La PAF a pu profiter de l’avion de Quantas, affrété exceptionnellement par Aircalin, dans la nuit de mardi à mercredi, pour expulser le couple. Celui-ci a été accueilli au petit matin à Sydney, par la police australienne. Sur le pays-continent, les délinquants sexuels, une fois libérés, sont en effet tenus d’avertir les autorités chaque fois qu’ils quittent le territoire. Ce ressortissant n’en avait visiblement pas pris la peine.

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Interdit de séjour en Calédonie

A moins qu’il ne se fabrique de faux papiers, cet Australien ne pourra plus jamais remettre les pieds en Nouvelle-Calédonie. Les services de la PAF ont en effet apposé une croix de Saint-André sur son passeport, avant qu’il ne reparte dans son pays d’origine. Ce symbole, réalisé à l’aide d’un tampon précieusement gardé dans un coffre de la PAF, à Tontouta, signifie que le ressortissant est personna non grata sur le territoire. « Nous voulons préserver les enfants de ce type de prédateur », précise Mario Banner.

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Un Interpol du Pacifique

Sans une bonne coopération entre les polices australienne et calédonienne, cette arrestation n’aurait jamais pu avoir lieu. Mais ces liens ne se sont pas faits en un jour. Pendant près de vingt-cinq ans, les polices du Pacifique ont tenté de collaborer. Sans grand résultat. Il a fallu que l’Australie soit officiellement visée par Al-Qaïda, suite à la guerre en Irak, pour que la coopération devienne une priorité aux yeux des chefs d’Etat. En 2005, l’organisation a été rebaptisée PICP (Pacific islands chiefs of police) et a prouvé, avec cette affaire, « qu’elle pouvait vraiment être opérationnelle », a déclaré la PAF, qui a tenu également à souligner l’« excellente collaboration » de la compagnie maritime qui a facilité l’arrestation rapide de ce ressortissant australien.

Coralie Cochin

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