aux questions posées par IED lors des rencontres du Forum de l’Internet « Quel projet présidentiel pour l’internet? »
Bonjour,
Voici nos réponses suite aux questions posée à la candidate de la gauche
populaire antilibérale.
Qui ne serait pas d’accord avec l’objectif de protection des mineurs contre
les contenus pornographiques ou violents ?
Toutefois cette lutte peut elle
relever, non plus des parents ou des éducateurs, mais d’entreprises privées
ou d’une « commission nationale de déontologie » non élue chargée de distribuer
les bons et les mauvais points ? Cet exil de l’action collective ouvre la
porte à la justice privée.
En réalité, derrière la protection des mineurs on voit surtout les intérêts du
marché des loisirs.
Ce sont en effet indirectement les multinationales de la
production et de la diffusion qui vont décider non pas de ce qui
est « illégal » mais de ce qui (leur) est « préjudiciable ». En fait de
protection de l’enfance le gouvernement tente de légaliser les pratiques
intrusives des marchands de services – le tout sans inquiéter ni les
pornographes ni les pollueurs du Net.
La France doit donc ratifier la convention sur la cyber criminalité, mais en
tenant compte de l’expérience des lois LSI, LCEN, LSQ, etc… qui sous
couvert de lutte contre la cybercriminalité fait la part belle aux intérêts
de surveillance et de tracabilité des marchands.
Il existe d’excellentes lois en France sur la protection de la correspondance postale, sur l’informatique et la liberté, la protection des personnes et de leur vie privée, sur les
droits – y compris moraux – des auteurs sur leurs œuvres, contre la diffusion
de propagandes racistes ou négationniste (loi Gayssot), et bien sur contre la
traite et la prostitution. Reste à dégager, pour la justice et ses
auxiliaires, les moyens, y compris sur le Net, de la mise en œuvre de ces
différentes lois.
Nous rappelons notamment que le Groupe communiste a déposé en 2003 une loi
contre le trafic d’être humain et la traite à l’Assemblée nationale, qui na
jamais été votée par la droite au pouvoir. Que l’on commence par lutter
contre les réseaux de trafic et de prostitution, y compris enfantine, avant
de rendre internet responsable des désordres du monde capitalistes, au prix
des droits et liberté de chacun-e.
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