AUTEUR : DEBORAH GOUGH, THE AGE
Le sexe fait peut-être vendre, mais une maman de Melbourne en a assez qu’il soit vendu à des enfants, et elle a bien l’intention d’y faire quelque chose.
25 Mars 2007
Selon Julie Gale d’ Elsternwick, maman de deux enfants de 9 et 11 ans, la promotion du sexe pour vendre des produits aux enfants leur dérobe leur innocence en les encourageant à adopter une attitude d’éveil sexuel.
Selon elle, les enfants sont victimes d’une confusion véhiculée et entretenue par les médias à propos de la nécessité d’être sexy.
« C’est à vous rendre malade. J’ai parlé avec des centaines de parents, d’enseignants, de principaux, de travailleurs sociaux et d’éducateurs, et ils sont tous inquiets quant à l’effet que cela a sur nos enfants et leur enfance.
« Ils se sentent impuissants pour y mettre un point d’arrêt, mais il est pourtant nécessaire de passer à l’action. »
Mme Gale a crée un groupe portant le nom Les enfants libres d’être des enfants, et elle a pour projet de faire entendre l’appel à la protection des enfants contre l’imagerie sexuelle jusqu’à Canberra. Elle y organise un forum en août, avec des experts en psychiatrie, développement de l’enfant et en criminologie devant intervenir sur les effets de la sexualisation des enfants.
Mme Gale condamne les messages selon lesquels il faut être sexy car ils perturbent l’attitude des enfants.
Elle donne ces trois exemples:
- Un site web sur lequel apparaissait des fillettes de 6 ans habillées en policières, portent des bottes à hauteur de genoux et mordant des menottes . Ces photos ont été retirées lorsque l’école et les parents ont été prévenus.
- Des fillettes de 6 ans pratiquant des fellations sur des garçons.
- Un garçon de 12 ans qui se sentait anxieux et perturbé car des filles de son école flirtaient avec lui, lui faisant des offres suggestives et lui offrant des présents. –Ce garçon expliquait ressentir de la confusion quant à la manière dont il était censé répondre.
Mme Gale explique qu’elle a compris la gravité du problème il y a quatre ans quand ses enfants rejouaient le mot « sexy » dans les paroles d’une chanson sur un CD Barbie.
« C’était mon moment de triomphe quand j’ai réalisé que ce n’était pas simplement de l’amusement innocent; c’était quelque chose d’un peu plus sinistre, c’est leur enfance qu’ils perdent ici. » Récemment dans un grand magasin, elle a vu des culottes pour petites filles avec la mention « Je ne dois pas allumer les garçons » imprimé dans le dos – mais avec les négations rayées. Sur un autre modèle, il avait trois symboles dollar imprimés au dessus de l’entrejambe avec le texte « ça les vaut bien! ».
Des experts ont déclaré au Sunday Age qu’ils soutenaient l’appel du groupe de penseurs de l’Australia Institute pour qu’un régulateur unique soit mis en place pour surveiller la manière dont les médias sont utilisés pour vendre aux enfants.
Récemment, une lettre signée par 12 experts a appelé à agir face à la sexualisation des enfants après la publication du rapport « Corporate Paedophilia »de l’institut, qui met en lumière les méthodes utilisées pour attirer vers le marché du sexe les enfants de moins de 12 ans. Le détaillant David Jones a entrepris une action en justice à la suite du rapport.
Le Dr Louise Newman, pédopsychiatre et directrice du NSW Institute of Psychiatry soutient le projet de forum et souligne la nécessité de réforme, estimant que les enfants voient répéter qu’ils doivent se comporter de façon sexuellement connotée.
« Le message est qu’ils doivent se préparer aussi tôt que possible à être des objets sexuels. »
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