Film choisi par Homayra Sellier dans le cadre de Cinéma Vérité (octobre prochain), selectionné dans le cadre du festival du film américain de Deauville, vient de remporter ce prix.

Damian Harris (au milieu) l'acteur Principal Tom Arnold à gauche et la réalisatrice Paula Huidobro

le 18 septembre:

Le film « Gardens of the night » a reçu le Prix de la critique internationale du 34e Festival du cinéma américain de Deauville. La récompense a été remise à Damian Harris lors de la cérémonie de clôture, dimanche, au CID.

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Le vrai choc de cette compétition c’est « Gardens of the Night qui nous fait suivre Leslie (et voir le monde et son histoire à travers ses yeux innocents de jeune « Cendrillon »), une jeune fille de 17 ans qui mène une existence difficile dans les rues de San Diego en compagnie de son ami d’enfance Donnie le seul à veiller sur elle. Tous les deux tentent de surmonter le traumatisme qu’ils ont vécu neuf ans auparavant.

Le film est divisé en deux partie : dans la première Leslie est encore une enfant et nous découvrons son histoire (elle a été enlevée par et pour des pédophiles) à travers son regard. Dans la deuxième, elle a 17 ans et tente de survivre au passé et au présent.

Le sujet aurait pu donner lieu à un film scabreux, mais le premier témoignage du talent de son réalisateur est son absence totale de voyeurisme, de complaisance, lié d’une part à l’utilisation judicieuse du hors-champ, d’autre part au mode narratif et visuel qui s’apparent au conte de fée, à la fable. L’aspect angélique, innocent de la petite fille contraste avec l’horreur de ce qu’elle vit. Le contraste entre son regard, presque onirique, et la réalité exacerbe encore l’âpreté de ce qu’elle vit même si c’est visuellement plus supportable.

Le film s’achève sur une fin ouverte, mais aussi sur une note d’espoir, le réalisateur ayant délibérément choisi une fin relativement optimiste de même que l’acteur Tom Arnold qui a raconté en conférence de presse avoir vécu la même chose enfant, troublante et terrible coïncidence, dans la même ville de surcroît : San Diego et avoir aussi accepté ce film en raison de sa note d’espoir finale, et avec l’objectif de démontrer que, même si la blessure demeure incurable, il est toujours possible d’aller de l’avant.

Un travail considérable a aussi été fait sur la lumière, le film a par ailleurs été entièrement storyboardé.

L’équipe du film a été très applaudie, même en conférence de presse.

En préambule de sa présentation au CID, le réalisateur avait précisé qu’il souhaitait émouvoir et pas forcément plaire : objectif réussi.

Et au-delà des qualités du film (de mise en scène, de traitement habile d’un sujet difficile), son sujet, l’enfance meurtrie, auquel la présidente de ce jury 2008, Carole Bouquet est particulièrement sensible, pourrait aussi contribuer à le faire figurer au palmarès.

Un film sensible, émouvant, qui nous fait voir l’horreur à travers les yeux de l’innocence. Un gouffre lumineux, grâce au regard de celle qui s’en échappe, trouvant sa vraie famille. Une histoire d’horreurs et d’amour. Celle de Cendrillon au pays de l’abjection. Le premier vrai choc de cette compétition.

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