AUTEUR : LE MATIN BLEU
L’Eglise catholique dans la tourmente. Le voile du silence qu’elle a voulu poser sur des affaires d’abus sexuels mettant en cause des ecclésiastiques se lève peu à peu.
VALDEMAR VERISSIMO
«Je veux que l’évêché fasse preuve de transparence totale.»
27/01/2008
L’Eglise catholique est dans la tourmente. Ainsi une victime a-t-elle raconté son histoire, hier, dans «Le Matin Dimanche».
Stéphanie* a 8 ans lorsqu’elle subit des assauts aux cours de catéchisme. En 1998 – elle a 34 ans – elle dénonce son bourreau à l’évêché de Fribourg. La procédure qui s’ensuit remplit 1500 pages de paperasse. Stéphanie place ses espoirs en la justice canonique. En pure perte.
En 2003, le château s’effondre: le cardinal Joseph Ratzinger (aujourd’hui Benoît XIV), modérateur du Tribunal apostolique, signifie que les faits sont prescrits. Entre-temps, le prêtre abuseur est acquitté par l’Eglise en 2002.
Il est trop tard pour que Stéphanie puisse relancer la machine, malgré l’erreur judiciaire.
En guise de rattrapage, l’évêché lui propose un dédommagement de 50 000 francs, contre l’assurance qu’elle n’entreprendra pas d’autres démarches. Mais Stéphanie refuse de signer un point de la convention lui demandant de s’abstenir de «tout commentaire à une tierce personne», dont la presse.
Une presse à laquelle elle décide aujourd’hui de parler. En lisant les récentes déclarations de l’official du diocèse – «l’Eglise ne connaît pas de prescription» – elle s’estime trompée, après avoir été victime d’abus.
* Prénom fictif.
L’abuseur n’a jamais été inquiété
Un homme de 55 ans a été victime d’abus à l’âge de 10 ans, par un séminariste, lors de colonies de vacances. Dans «Le Matin Dimanche», il affirme que l’ecclésiastique n’a jamais été inquiété par la hiérarchie catholique. Devenu prêtre, il aurait même célébré la messe jusqu’en 2005.
Trois suicides dans l’entourage du capucin
L’affaire du moine pédophile, qui avait notamment abusé de son neveu de 12 ans, prend une dimension dramatique. La mère de l’enfant a été retrouvée sans vie en août 2007 dans une forêt, nous apprend «Le Matin Dimanche». Elle s’était donné la mort, ne pouvant supporter les deux tentatives de suicide de son autre fils. Il y a en outre deux autres suicides troublants dans l’entourage du capucin. En 1990, celui d’un garçon de 17 ans, servant de messe du moine. Cinq ans plus tard, celui d’un Fribourgeois de 20 ans qui avait participé à un camp de vacances confié à l’ecclésiastique.
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