AUTEUR : PARIS MATCH
Le responsable et un des animateurs d’un bateau-école, qui proposaient des croisières éducatives à des adolescents à la fin des années 80, sont poursuivis par la justice française pour des viols et agressions sexuelles présumés sur des mineurs.
Léonid Kameneff, capitaine de l’ancien thonier «Karrek Ven» et fondateur de l’association «L’école en bateau» à l’origine des croisières, a comparu mardi devant le tribunal suprême du Venezuela, a indiqué aujourd’hui une source proche du dossier confirmant une information du Parisien.
Cette juridiction doit se prononcer dans les quinze jours sur son extradition réclamée par la France.
L’homme, aujourd’hui âgé de 72 ans, avait été interpellé courant janvier à bord de son bateau dans le Port de Cumana au Venezuela dans le cadre d’un mandat d’arrêt international délivré à son encontre le 25 mai 2007 par la juge française Nathalie Dutartre, a confirmé une source judiciaire.
Le second du bateau-école, Bernard Poggi, également sous le coup d’un mandat d’arrêt délivré en décembre 2007, a été interpellé en janvier dans l’Est de la France, mis en examen «pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans» par la magistrate et placé en détention provisoire.
Plus d’une centaine de jeunes ayant navigué sur le bateau-école alors qu’ils avaient entre 9 et 16 ans ont été entendus par les enquêteurs de la brigade des mineurs chargés de l’enquête.
Une trentaine d’entre eux ont dénoncé des abus sexuels et une douzaine se sont constitués partie civile, les faits dénoncés par les autres étant prescrits.
Les viols et agressions sexuelles auraient été commis entre juillet 1986 et avril 1991 lors de croisières de 6 mois à 2 ans en Méditerranée aux Antilles et au large du Venezuela.
Neuf autres membres de l’encadrement, dont six ont été identifiés, ont été mis en cause par des victimes et aucun mandat d’arrêt n’a encore été délivré à leur encontre, a précisé une source judiciaire.
Les aventures des adolescents du «Karrek Ven» avaient fait l’objet d’émissions sur une chaîne publique dans les années 80, a expliqué une source proche du dossier selon laquelle les organisateurs réalisaient également des campagnes de promotions, accompagnées de projections, à Paris, en banlieue et en province.
Fondée par Léonid Kameneff, l’association «L’école en bateau» prônait «l’épanouissement intellectuel, psychologique et social de l’enfant», explique cette source, ajoutant que «le marin pédagogue aurait encouragé les adolescents à vivre nu et à avoir des relations sexuelles entre eux ou avec des adultes».
Si une majorité d’enfants ont rapporté à la justice, selon une source proche du dossier, avoir «passé un séjour formidable» à bord du thonier, d’autres ont dénoncé l’aspect sectaire et ambigu de l’éducation pratiquée. Ils ont notamment décrit des séances d’autocritique et d’accusation publique, des séances de massage ou de masturbation collective.
Une première plainte visant nommément le capitaine et son second avait été déposée en janvier 2003 au parquet de Fort de France (Martinique) qui avait désigné un juge d’instruction. Sept autres victimes présumées se sont alors fait connaître du magistrat.
En février 2006, la cour de cassation a rapatrié le dossier d’instruction à Paris à la suite d’une requête en suspicion légitime des parties civiles qui dénonçaient l’immobilisme du juge de Fort de France dans cette affaire.
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