AUTEUR : LE PARISIEN
TRENTE ET UN HOMMES et une femme.
Des peines de quinze ans de réclusion minimum, qui correspondent à des crimes particulièrement atroces, parfois commis en récidive. Pour chaque condamné, une « date prévisible de libération » qui va du 22 janvier 2008 au 20 décembre 2010.
La « liste des criminels particulièrement dangereux », établie en toute confidentialité, ces dernières semaines, par les services de la chancellerie, désigne « cette poignée d’individus dont la très prochaine sortie de prison peut faire craindre pour la sécurité de chacun d’entre nous », indique une source interne. Une autre liste, plus fournie, existe. Elle compte environ deux cents individus, identifiés comme « particulièrement dangereux » parmi le nombre actuel de détenus, mais dont la date prévisible de sortie est plus lointaine.
Un recensement qui « n’a rien de scientifique »
Cette sélection, de l’aveu même de ses initiateurs, « n’a rien de scientifique ». « Il se peut très bien que, parmi ces personnes, certaines ne soient pas placées dans des centres de sûreté, même si la loi était adoptée en l’état », précise Guillaume Didier, porte-parole de la chancellerie. Son objectif, assure-t-on, est de « nourrir la réflexion » des parlementaires et des Sages du Conseil constitutionnel. Les premiers, après débat, ont adopté le texte de loi. Les seconds, saisis par le groupe socialiste, sont appelés à se prononcer sur la conformité de ce texte à la Constitution. Leur délibéré pourrait tomber aujourd’hui.
Viols, tortures ou actes de barbarie, assassinats, violences particulièrement sordides : bien que décrits de façon elliptique, les crimes frappent par leur violence ou leur caractère répétitif. Souvent, ce sont des enfants qui sont victimes. Parfois, des femmes. L’alcool sert de toile de fond à plusieurs de ces scènes d’horreur. Eric Z., condamné à quinze ans de réclusion en octobre 2000 par la cour d’assises des Deux-Sèvres, est libérable en octobre 2009. « A l’issue d’une journée très alcoolisée, avec deux complices, il frappe et torture, en lui enfonçant un manche à balai dans l’anus, un voisin qu’il avait invité pour lui souhaiter son anniversaire. En l’absence de soins prodigués à temps, celui-ci décédera des suites de ses blessures. » Thierry V., condamné à quinze ans de réclusion par la cour d’assises des Ardennes, en juin 1999, est libérable en décembre 2008. « Sorti de détention fin novembre 1997, suite à l’exécution d’une peine de cinq ans pour viol, il prend rendez-vous le 6 mars 1998 chez une psychologue, se présente en avance et la viole. » Louis M., condamné à quinze ans de réclusion par la cour d’assises du Nord, en mars 2001, peut espérer sortir début juin 2009. « De 1988 à 1996, et à de très nombreuses reprises, il a imposé des rapports sexuels à sa fille majeure, reconnue handicapée mentale, et à trois de ses nièces, mineures au moment des faits. »
Grâce au jeu des remises de peine, ces détenus sont aujourd’hui parvenus au bout de leur parcours carcéral. Mais, pour des raisons diverses, la perspective de leur prochaine sortie inquiète l’administration. « Certains ont refusé d’être soignés, explique Guillaume Didier. D’autres, après avoir accepté une prise en charge, l’ont abandonnée en cours de route. » Il y a aussi Dominique C., condamné à vingt ans de réclusion pour une série de viols et qui peut espérer sa libération en avril 2010. « Selon l’administration pénitentiaire, il ne cache pas ses intentions de récidiver à sa sortie », indique le rédacteur de la liste. Et Olivier F. qui, condamné pour avoir violé une jeune femme sous la menace d’un couteau, « s’est désisté de la demande de libération conditionnelle qui était en cours d’examen ». Un comportement considéré comme suspect. Donc « potentiellement dangereux ».
tags: Justice, Loi, Pédocriminalité




























