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Procès

Affaire Tony

L’association Innocence en Danger est partie civile dans l’affaire du petit Tony dont voilà le récit…

Le jeune Tony, trois ans et demi, est transféré aux urgences le 26 novembre 2016 après que sa mère ait averti les pompiers de la prétendue perte de connaissance de son fils. Mais il est déjà trop tard : arrivé aux urgences pédiatriques de Reims, l’enfant décède.

L’autopsie révèle une multitude de sévices infligés au petit garçon : de nombreux hématomes sont retrouvés sur l’ensemble du corps mais son décès est dû à une rupture de la rate et du pancréas. Ces conclusions nous laissent imaginer la violence des coups qui ont été portés.

La mère de Tony et son beau-père sont mis en garde-à-vue, et très vite les masques tombent : l’homme avoue avoir porté plusieurs coups au fils de sa compagne. Ils sont tous deux placés en détention provisoire dans l’attente du procès.

L’enquête va révéler que le décès du petit garçon aurait pu être évité : les voisins, entendus comme témoins, vont avouer avoir été au courant des sévices, ayant entendu à plusieurs reprises les cris de l’enfant. Mais la mécanique du silence a fait son odieux travail et personne n’a eu le courage de signaler ces faits aux services publics. Jamais un voisin n’appellera les services de police. Pourtant, nul n’est censé ignorer la loi : le fait de pouvoir éviter un crime contre l’intégrité corporelle d’un individu mais de s’abstenir volontairement constitue un délit, la non-assistance à personne en danger, puni de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

Fait exceptionnel, la justice décide de renvoyer le voisin devant le Tribunal correctionnel pour non dénonciation de mauvais traitements. Cependant, le Tribunal relaxe ce voisin. Cette décision est surprenante, le Procureur interjette d’ailleurs appel.

Durant ce procès, l’incapacité des associations de protection de l’enfance de s’unir pour une déclaration de culpabilité, même pour le « principe », est surprenante et déconcertante.

Du 11 au 14 février 2020, le beau-père et la mère de Tony comparaîtront enfin devant la cour d’assises de Reims. Le beau-père est accusé de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner et la mère n’est renvoyée que pour non assistance à personne en danger et non dénonciation.