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Communiqué de Presse

DES ASSOCIATIONS DEMANDENT L’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE JUDICIAIRE SUR “L’ANGE BLEU”

Paris, le 31 mai 2020

DES ASSOCIATIONS DEMANDENT L’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE JUDICIAIRE SUR “L’ANGE BLEU”

Des associations de protection de l’enfance et de lutte contre les violences sexuelles ont décidé de saisir le parquet de Paris en demandant l’ouverture d’une enquête judiciaire pour faire la lumière sur les agissements de Latifa Bennari, présidente de l’association “l’Ange Bleu”.

Ces associations, qui saisissent chacune le parquet via un signalement respectif, alertent la justice sur des faits de non dénonciations d’agressions sexuelles pédocriminelles. 

Lors d’une interview le 29 août 2019 sur Europe 1 de Christophe Hondelatte, Latifa Bennari répondait à l’animateur qui lui demandait si elle dénonçait ceux qui sont passés à l’acte : “Alors j’ai toujours répondu à cette question à tous les niveaux. Je ne dénonce pas parce que je ne me substitue pas à la victime (…) parce que (…) beaucoup de victimes veulent ou voulaient juste comprendre”

https://www.europe1.fr/emissions/hondelatte-raconte/latifa-la-femme-qui-ecoute-les-pedophileslintegrale-3916093

Le 11 mai 2020, un témoignage était relayé publiquement sur les réseaux sociaux et suscitait une vague d’émotion légitime. Aux termes de ce témoignage, il est révélé les propos tenus au cours de la tenue d’un groupe de paroles réunissant victimes et auteurs d’agressions sexuelles.

Propos intervenant dans la suite de ceux tenus par un dénommé “Bruno” portant révélation de viols incestueux sur trois de ses enfants : “Ne t’inquiète pas. Tu n’iras pas au procès. Je suis là. Et puis tu as toujours ton passeport ? Tu peux encore quitter le pays !”

Le 28 mai 2020 apparaissait sur la sphère Twitter une capture d’écran d’un message posté par le profil Facebook nommé “Latifa Bennari” et dont le contenu est le suivant :

“Un jeune homme de 19 ans m’a appelé affolé et angoissé voire suicidaire à l’idée que son oncle alerte toute la famille pour agression sexuelle sur sa fille à l’occasion du repas de Noël En réalité le supposé agresseur avait 13 ans au moment des faits et la victime avait 8 ans. Un touche pipi considéré comme normal depuis des décennies, transformé aujourd’hui en agression sexuelle. Heureusement que j’ai pu et su rassurer ce jeune homme et appelé sa mère pour le soutenir. La menace de cet oncle est criminelle à mon sens. Comment on peut assimiler ce cas de figure aux vrais crimes sexuels ? il n’est aucunement question de minimiser le comportement transgresseur de l’adolescent, il n’en reste pas moins qu’il n’y a aucune commune mesure entre une victime de viol par un majeur et un dérapage d’un adolescent de 13 ans ; je viens de recevoir un SMS de remerciements de la part du jeune homme et de sa mère d’avoir sauvé son fils de l’irréparable”.

Dans son signalement, Innocence en Danger, une des associations qui a alerté le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, souligne: “de tels propos et agissements doivent attirer votre attention toute particulière eu égard à la qualité de présidente d’association de Madame Latifa Bennari, laquelle ne constitue aucunement une qualité exonératoire de l’obligation de dénoncer auprès de l’autorité judiciaire des crimes et délits sexuels commis sur des mineurs”.

“Il apparaît que cette qualité est habilement utilisée par Madame Latifa Bennari pour asseoir l’autorité de sa parole auprès des victimes comme des auteurs d’agressions sexuelles, et permettre la soustraction des situations révélées de l’autorité judiciaire. Il est à craindre de nombreuses victimes étouffées par le silence des mots et la protection apportée par cette association”, poursuit la présidente d’Innocence en Danger, Homayra Seiller.

Ces associations s’interrogent par ailleurs sur d’éventuelles aides publiques dont pourrait bénéficier l’association l’Ange Bleu. Elles demandent au secrétaire d’Etat à l’Enfance Adrien Taquet et à la ministre de la Justice Nicole Belloubet de faire toute la lumière sur cette question et d’agir en conséquence.

Les associations appelant à cette procédure judiciaire sont Innocence en Danger, SOS Violenfance, Enfant présent, EPAPI France les Masques Blancs, MoiAussiAmnesie, Association Le Monde à Travers un Regard avec le soutien du Collectif Prévenir et protéger (14 associations de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants).

La non dénonciation de crime est un délit passible de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende (article 434-1 du code pénal).

  • Innocence en Danger
  • SOS Violenfance
  • Enfant présent
  • EPAPI France les Masques Blancs
  • MoiAussiAmnesie
  • Association Le Monde à Travers un Regard
  • Avec le soutien du Collectif Prévenir et protéger (14 associations de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants).