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Ils s'expriment...

Les œuvres de Charlotte Arnould

« De mon souffle 
Sort de l’or 
Et quand je ferme les yeux,
Je repeins les murs »
 
« Toi que je sais nommer, 
Je t’accueille dans toute ton irrationalité. 
Ces angoisses comme si j’étais entrée dans une nouvelle sphère,
Celle de la vraie solitude,
D’une qui déroule un rideau de fer devant soi, 
Faisant barrière à sa fuite. »
 
« Chaque larme vient réconforter mon coeur
Chaque larme est un cri penchant ou s’épanchant de douleur;
Flots de larmes d’une âme en vie. »
 
« Je marche sur les secondes, saute à pieds joints sur les minutes, et je vole les heures et le temps, le mien, bercée par sa mélodie tragique et diurne. » 
 
« Ma chair se détache, je ne suis qu’une pensée qui bouge. Je ne sens plus rien. Ma tête danse et vacille sans bouger. 
Mon âme tremble, mon corps alangui. 
J’oublie que ma respiration m’appartient. »
 
« Chaque jour
Une toile vierge du monde
Qui disparaît multicolore 
Dans la nuit étoilée. »
 
« Mon âme se noie, renversée par les marées, elle suffoque, tremble. Je crois naviguer sur une mer agitée par la perfidie… quand vais-je jeter l’encre ? J’espère ô grand jamais ! Que les tourbillons m’emportent. Mon bateau est solide, au même titre qu’il n’aime pas la mer lisse, il déteste les vagues incertaines. Que veux-je enfin ? L’agitation, la colère, l’orage, les éclairs. Nourrissez moi de l’or du ciel. »
 
Charlotte Arnould
 « L’été noir ou l’éteignoir…
 
Quand une flamme haute s’élance dans l’air,
Elle foudroie le regard de qui la regarde.
Elle brûle, elle est belle à en faire pâlir. 
On s’approche d’elle en la touchant, sans mégarde. 
 
A vouloir la toucher on l’étouffe, on l’égorge, 
On extirpe de sa chair son chemin de vie. 
L’éteignoir se pose sur elle. Dans sa loge 
Elle était à l’abris. Prise en flagrant délie, 
 
De son effervescence, de sa pureté, 
Son corps se retrouve dans un noir angoissant, 
De mort.. il ne reste que sa tour alarmée,
Où des rideaux de larmes se figent, tombant 
 
Dans les ténèbres, dans un labyrinthe immense.
Éparpillée, le sang cherche sa route en biais
Parcourt les allées incestueuses, balance 
Son flux dans les cendres, cherche ses clés charmées. 
 
L’éteignoir freine l’élan de ses trésors et
Cette obscurité… l’enfant cherche sa lumière. 
Suffit-il de découvrir la chandelle ailée? 
Suffit-il de creuser un chemin dans l’artère? 
 
L’enfant se cache, de peur et puis se redresse
Lorsqu’un soupçon de vie l’accompagne en secret. 
Il court, trébuche, tombe quand là bas se perce
Par un rayon d’amour, la porte des reflets.
 
Il se reconnaît au travers de son passé,
Et ses valeurs sonnent encore à plusieurs portes. 
Les rencontres sont autant de clés pour glisser
Dans les allées blanches, jadis noires et mortes. »
 
Charlotte Arnould
 
 

« La blanche colombe  

Des lors où la Blanche Colombe 
-Au col nacre, à l’odeur perlée-
Dans les filets d’un piège tombe,
Ses griffes s’accrochent. Armée,
 
Elle essaye de s’enfuir. Même
Si sa maturité est comble,
Elle se soustrait dans l’harem,
Mais elle est juste dans son ombre.
 
Son esprit s’envole du feu
Et son corps brûle dans cette ombre, 
Elle croit, se dit sans aveux
Que loin se franchit la pénombre. 
 
L’hécatombe s’enfouit là bas,
Dans mon âme, son coeur en larmes.
Son gosier n’est plus là,
Ses yeux secs justifient l’alarme. 
 
L’oiseau s’évapore et s’enlise, 
Perdu entre ses ailes pures. 
Hors de lui, sa vie sous emprise
Tout se bouscule dans ce mur
 
Où les lierres l’enroulent. Tête 
Prise, coeur serré, palpitant
La colombe -ouverte-, se chante
« Ce n’est pas moi, c’est évident ».
 
Le blasphème -dont elle est chose-
Qui percute sa quête vierge 
Outrage et viole sa grandiose,
Il est trop tard pour mettre un cierge… »
 
Charlotte Arnould