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Procès

Affaire Mélinda

Le mardi 17 mai 2016, à Neuf-Mesnil, Mélinda, âgée de dix-huit mois, est ébouillantée après avoir pris un bain trop chaud. Suite à cela, l’enfant hurle et vomit toute la nuit. Ce n’est que le lendemain les secours sont prévenus de l’état de la fillette. Arrivés au domicile de la famille, les intervenants décident de transférer l’enfant brûlée sur 80 % du corps à l’hôpital. Mais il est déjà trop tard ; la fillette est décédée sur place. Les trois personnes présentes au domicile évoquent un accident domestique.

Les résultats de l’autopsie de l’enfant ne corroborent pas les déclarations de la mère. Ils soulignent l’intervention d’un tiers qui aurait sciemment brûlé la petite fille dans un bain en lui versant de l’eau très chaude sur le corps. Autrement dit, la mort de Mélinda est d’origine criminelle. Trois personnes étaient présentes sur les lieux du crime : l’oncle, la mère et se compagnon.

Les trois adultes présents au moment des faits sont placés en garde à vue au commissariat de Maubeuge. Rapidement, le beau-père avoue avoir plongé l’enfant dans un bain d’eau bouillante. La mère et le logeur du couple seraient restés passif face à ces agissements criminels, se montrant incapable de protéger la fillette.

Ainsi, ils sont tous les trois mis en examen : le beau-père pour coups et blessures ayant entraîné la mort sur mineur de moins de quinze ans ; l’oncle et la mère pour non-assistance à personne en péril.

Par ailleurs, Mélinda subit de maltraitances, infligées pendant des mois (l’enfant n’a que 18 mois au moment de sa mort !), par le compagnon de sa mère, allant de bains glacés jusqu’à un jet d’excréments.

Quatre mois avant le décès de Mélinda, son père signale au juge des enfants que sa fille présentait au moins un hématome au visage. Ces révélations permettent l’ouverture d’une enquête sociale ayant donné lieu à deux visites au domicile de la famille sans qu’aucune mesure ne soit prise. Cela laisse interrogateur sur d’éventuelles défaillances des services sociaux.

Par ailleurs, Joulia, la grande soeur de Mélinda, est morte à l’âge de vingt-et-un mois, en 2013, des coups portés par son parrain, condamné à trois ans avec sursis pour homicide involontaire. Dans cette affaire, la mère a été condamnée pour maltraitance. Mélinda avait deux autres frère et soeur, qui ont été placés peu de temps après le décès tragique de Joulia.

Vendredi dernier, devant les assises du Nord, le parquet requiert des peines de respectivement 28 ans de réclusion criminelle avec 15 ans de suivi socio-judiciaire et injonction de soins à l’encontre du beau-père et 18 ans de réclusion criminelle à l’encontre de la mère de Mélinda. S’agissant du logeur, l’avocat général demande une peine de 5 ans d’emprisonnement.

Le 12 octobre 2020, la Cour d’assises du Nord condamne respectivement à 25 ans et 18 ans de réclusion criminelle le beau-père, Jason Odin, et la mère, Ana Maria Barbosa. Le logeur écope de quatre ans d’emprisonnement. La peine de Jason Odin est assortie d’un suivi socio-judiciaire de 10 ans.

Sources :