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Procès

Procès Affaire Yanis

Affaire plaidée du 16 au 20 novembre à Saint-Omer
 
Les faits ont eu lieu dans la nuit du 5 au 6 février 2017.
 
Le corps de Yanis, 5 ans, a été découvert vers 2h30 par les pompiers près d’un chemin de hallage d’un canal d’Aire-sur-la-Lys, à une dizaine de minutes en voiture du centre-ville de cette commune.
 
C’est le beau-père de Yanis qui a appelé les secours, signalant que l’enfant a été découvert inconscient. Il explique alors “que l’enfant était sujet à des crises d’énurésie et que suite à un nouvel épisode d’énurésie, il l’aurait sanctionné en lui demandant d’aller dehors et lui aurait ordonné de faire des tours de la cour en courant ».
 
Yanis aurait ainsi été contraint de courir sur une distance de “plusieurs kilomètres le long du canal La Lys”, où son corps a été découvert, et il aurait chuté à plusieurs reprises. Il était vêtu uniquement d’un slip mouillé et de chaussettes.
 
La mort de l’enfant serait cependant imputableà un traumatisme crânien dû à des violences volontaires. Ce décès par traumatisme crânien serait consécutif à plusieurs impacts qui seraient des coups de lampe-torche infligés par le beau-père. Sous la violence, la lampe-torche se serait cassée.
 
Le beau-père, décrit “comme un survivaliste (personne croyant en une fin proche de l’Humanité, ndlr) qui rêve de vivre en communauté avec ses quatre chiens”, ne se rend pas forcément compte de la gravité des faits.
 
Quant à la mère, elle a expliqué lors de son audition que les corrections régulières qu’infligeaient le beau-père à l’enfant étaient “pour son bien et pour lui remettre les idées en place”. La mère, 23 ans et le beau-père, 30 ans, tous deux sans emploi, étaient en couple depuis août 2015, sans autre enfant. Ils n’étaient pas connus des services sociaux de la ville.
 
M. MASSON est renvoyé devant la Cour d’assises de St OMER pour homicide volontaire sur mineur de 15ans le 5/6 février 2017 et violences volontaires sans ITT sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité entre août 2015 et le 5 février 2017. 
Mme INGLARD pour non empêchement de crime et de délit entre aout 2015 et février 2017
 
L’ordonnance rendue par le juge d’instruction retiendra que les versions données par M. MASSON ne permettent pas d’expliquer les lésions retrouvées sur l’enfant notamment celle à l’origine du décès. Il parait évident que lors de la ballade nocturne avec l’enfant, qui avait une vocation punitive, M. MASSON a exercé des violences sur l’enfant.
 
En outre, auparavant, plusieurs personnes avaient vu des bleus sur l’enfant et décrivaient M. MASSON comme agressif et menaçant. En effet, il ressort des témoignages que l’enfant présentait régulièrement des lésions depuis plusieurs mois et notamment depuis l’été 2016.
 
De plus, l’autopsie révèle de nombreuses lésions dont certaines remontent à plusieurs jours contrairement aux dires des deux accusés. En outre, il a été reconnu que M. MASSON punissait régulièrement l’enfant physiquement (coup de pied, fessés, …). Il a été révélé qu’un jour M. MASSON a immergé YANIS dans le canal pour lui faire comprendre que celui-ci était dangereux ce qui doit être qualifié de violences à l’égard d’un enfant de 5 ans. 
 
L’instruction va révéler que le soir des faits, M. MASSON était particulièrement énervé contre YANIS qui avait évoqué pour la première son souhait de vivre ailleurs. Lors de la balade, Yanis aurait été contraint de courir sur de longues distances, immergé dans le canal, bailloné, frappé et déshabillé. Le coup porté aux cervicales de YANIS et ayant entrainé le décès de l’enfant doit permettre d’établir l’intention homicide.