ENZO : DES CHÂTIMENTS MEURTRIERS

Enzo, deux ans, décède suite à deux jours de punitions et de coups ininterrompus.

Le 19 mai 2008, Enzo, deux ans, est emmené à l’hôpital par sa nourrice suite à une série de châtiments imposés par son beau-père, Julien CHEVALIER. Après le signalement adressé au Procureur de la République, le petit garçon est à nouveau confié à sa mère. Deux jours plus tard, Enzo meurt suite à quarante-huit heures de supplices continuels sous les yeux complices de sa mère, Cécile SERGENT. Malgré son initiative de prévenir les pompiers en voyant son fils inanimé, il sera trop tard, l’enfant est mort d’un traumatisme crânien dû aux coups et blessures qui lui ont été imposés. Les parents comparaissent devant la cour d’assises de Seine-et-Marne en 2012 : le beau-père est condamné à vingt ans de réclusion criminelle et la mère à cinq ans d’emprisonnement, non pas pour le chef de complicité mais pour « abstention volontaire d’empêcher un crime ». 

LES FAITS

Enzo est le fils de Cécile SERGENT et Salim GUEDDOUCHI. Depuis 2007, il vit avec son beau-père, Julien CHEVALIER, déjà connu pour violence et d’alcoolisme. Dès 2008, le petit garçon fait l’objet d’un signalement pour suspicion de maltraitance de la part de son beau-père, mais l’appel à l’aide ne sera pas entendu et le petit garçon est à nouveau confié au couple.

UN SIGNALEMENT NÉGLIGÉ 

Le 18 mai 2008, dans la commune de Nemours (Seine-et-Marne), Enzo, petit garçon de deux ans, va subir de lourds sévices imposés par son beau-père, Julien CHEVALIER. Le petit garçon est empoigné puis cogné par terre contre un meuble de la salle de bain. Le beau-père n’en reste pas là et utilise un pistolet à billes, visant le visage de l’enfant. Le lendemain, la nourrice d’Enzo, constatant l’état du petit garçon, prend l’initiative de l’emmener à l’hôpital afin de le faire soigner. Le couple donne une excuse aux blessures d’Enzo : il aurait malencontreusement chuté dans les escaliers de l’appartement.

Le 21 mai, suite aux constatations des médecins, un signalement est réalisé auprès du Procureur de la République via le Conseil général mais, concluant à une absence de risque pour l’enfant dans son milieu familial, les Parquets de Melun et de Fontainebleau décident de confier à nouveau Enzo à sa mère le 29 mai 2008.

Deux jours après, le 31 mai, Julien CHEVALIER emploie à nouveau la violence afin de donner une correction au petit Enzo : coups de pied, coups de poing, gifles, coups portés avec un balai ou une laisse, les sévices s’enchainent pour le petit garçon qui finit par rester au sol, inanimé. La mère, Cécile SERGENT, appelle les secours. Mais lorsque les pompiers arrivent sur les lieux, il est déjà trop tard : Enzo décède aux alentours de minuit, d’un traumatisme crânien. Ayant assisté à plusieurs scènes sans jamais intervenir, l’inertie de la mère a conduit à la mort de son fils. 

LE VERDICT

La cour d’assises de Seine-et-Marne rend son verdict à l’encontre de Julien CHEVALIER et de Cécile SERGENT le 30 mars 2012. La mère est jugée pour « abstention volontaire d’empêcher un crime ». Julien CHEVALIER était initialement poursuivi pour meurtre et violences aggravées et encourait la réclusion criminelle à perpétuité. Mais les faits ayant été requalifiés en « violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner » commises sur mineur de moins de quinze ans, il encourt désormais vingt ans de réclusion criminelle. Les réquisitions du Ministère public seront suivies à la lettre par la cour et le jury. En effet, l’avocat général, Monsieur Bruno DALLES, requière vingt ans de réclusion contre le beau-père et cinq ans d’emprisonnement contre la mère.

Le 30 mars 2012, Julien CHEVALIER est ainsi condamné à vingt ans de réclusion criminelle accompagnés d’une période de sûreté des deux tiers de la peine, d’un suivi socio-judiciaire pendant sept ans, d’une injonction de soins et enfin de l’interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs. La mère, Cécile SERGENT, est condamnée à cinq ans d’emprisonnement dont deux ans avec sursis, ainsi qu’à une obligation de soins. Placée en détention provisoire durant l’enquête, et ayant déjà effectuée vingt-et-un mois de prison pour ensuite être placée en liberté sous contrôle judiciaire, elle ne verra décerner à son encontre aucun mandat de dépôt lors du procès (pour savoir qu’est-ce qu’un mandat de dépôt, cliquez ici).

Si les deux coupables ont exprimé des regrets lors du procès, cela ne sauvera pas Enzo qui, à deux ans seulement, fut l’objet de la monstruosité de son beau-père sous le regard complice de sa mère.

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

Où en est l’affaire ? Le procès a eu lieu et le verdict a été rendu.

Avocat général lors du procès : Monsieur Bruno DALLES

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